• Hortense

Je mange donc je suis

Nous pensons naïvement que notre cerveau est notre meilleur ami, je le vois plus comme notre meilleur ennemi…


Non pas qu’il nous veuille délibérément du mal, ça non, mais disons que ses intérêts ne sont pas toujours les mêmes que notre humanité qui elle nous pousse à vouloir croître, avancer, nous transformer.


Notre cerveau (sa partie dite reptilienne) n’a pas trop changé depuis l’homme des cavernes, or l’homme ou la femme 2.0 que nous sommes, ne ressemblent plus vraiment aux hommes des cavernes et je ne parle pas ici de pilosité !


Je parle plutôt du fait de nous maintenir bien au chaud et en sécurité dans la caverne, loin des dangers du monde extérieur.


Du coup comment fait-on pour avancer dans notre vie si l’on a un trouble-fête dans la tête ?


1- Mon identité


Nous avons tous une identité qui nous est propre et que nous avons construire au fil des années. Pour les personnes en surpoids, je l’appelle l’identité de gros (j’ai entendu ce terme dans le contenu d’Esther Taillifet et j’ai trouvé cela parlant).


Rien de péjoratif dans ce terme, c’est juste notre identité en tant que personne en surpoids.


Cette identité peut revêtir tout un tas de pensées : « je suis celui qui finit toujours les plats », « je suis trop gourmand », « je viens d’une famille de gros, c’est dans mes gènes »…


Même si l’identité que nous avons actuellement ne nous convient pas trop, notre cerveau lui s’en est accomodé et c’est devenu sa norme, du coup il sait qu’avec cette identité on ne craint à priori pas grand-chose donc il va s’accrocher pour nous maintenir là où nous sommes.


2- Le cerveau n’aime pas les changements


Je vous le disais en introduction, notre cerveau reptilien date un peu et il a UNE grande mission : nous maintenir en sécurité !


Dans tous les sens du terme.


Il y a particulièrement trois choses qu’il ne veut surtout pas que l’on perde : l’amour car sans l’amour c’est l’extinction de l’espère humaine, l’appartenance à un groupe car sans le groupe on meurt (c’était particulièrement vrai à la préhistoire) et la sécurité physique (ne pas nous faire attaquer ou tuer par le mammouth).


Nous voulons perdre du poids car nous pensons secrètement que nous serons plus aimés ou acceptés (ce qui est faux mais j’en reparlerai une autre fois) mais lui il se dit, attends tu es déjà aimé et accepté là maintenant, ne vient pas tout gâcher avec tes lubies !


3- Et si on n’aimait pas la future moi ?


Et bien oui car notre cerveau il se dit, là maintenant, c’est pas parfait mais quand même c’est pas mal, imagine que demain tu perds 20 kilos et qu’en fait les gens te délaissent ? Qu’ils ne te reconnaissent plus ? Qu’ils ne retrouvent plus la Camille que tu étais ? (Camille c’est la nana qui veut perdre 20 kilos) !


Car en effet, perdre 20 kilos c’est un gros changement et ça vient changer notre identité aussi, nous ne serons plus la Camille ronde mais la Camille mince et avec cette identité-là, notre cerveau il n’a aucune idée de si nous serons aimés, acceptés ou en sécurité…


Donc il va intervenir, de manière subtile pour nous empêcher de changer « oh mais quoi, c’est juste un cookie, vas-y », « tu veux faire un régime ? Mais t’es déjà crevé, repose toi, mange du nutella, tu commenceras la semaine prochaine ».


Vous voyez Milou dans tintin avec le petit diable et le petit ange dans sa tête ? Et bien notre cerveau c’est pareil avec toutes les pensées qu’il nous balance !


Heureusement, le cerveau on peut le muscler, on peut le travailler comme on travaillerait sa masse musculaire !


4- Comment changer d’identité ?


Il faut tout d’abord accepter que cela prend du temps « la perte de poids est un marathon, pas un sprint » et cette citation est valable pour tous les domaines de la vie si l'on veut des résultats durables !


Il y a deux étapes préalables au changement d’identité.


Tout d’abord il y a le changement d’habitude puis le changement de croyances après seulement vient le changement d’identité.


Nous devons d’abord changer nos habitudes pour prouver à notre cerveau que nous sommes capables de faire telle ou telle chose puis une fois qu’il aura vu que c’est possible, peu à peu nos croyances vont changer et l’on va en développer de nouvelles et notre identité n’est autre qu’une accumulation de croyances nous concernant et concernant le monde.


Si tu veux un exemple, fonce écouter mon podcast, je t’explique concrètement comment j’ai finalement réussi à changer mon identité concernant le repas du soir !


5- Les autoroutes du cerveau


Les nouvelles habitudes et croyances vont venir renforcer petit à petit les chemins neuronaux.


J’aime bien imaginer mon cerveau comme une carte de la France (quand on vit aux Etats-Unis, on devient patriote, croyez-moi 🤣).


Il y a les autoroutes, les routes, les chemins, les allées et les trucs qui ne ressemblent à rien mais sur lesquels on peut rouler si on est un peu téméraire !


Nos pensées récurrentes « je suis celui qui finit toujours les plats », « je suis trop gourmand », « je viens d’une famille de gros, c’est dans mes gènes »… ce sont les autoroutes, elles sont bien bétonnées, y’a des panneaux publicitaires avec écrit « tu es gros » au cas où tu l’oublies, elles sont entretenues, tu peux t’arrêter faire pipi sur les aires ou boire un café, une autoroute quoi !



Et puis il y a le chemin tout pourri sur lequel tu te demandes même si tu vas pouvoir rouler et ça c’est tes pensées de « je peux être mince » « je ne suis pas condamné au surpoids » « je sais résister à du nutella »…


Alors évidemment si tu es en voiture en famille et que tu leur demandes s’ils préfèrent l’autoroute ou la route pourrie, ils vont vouloir prendre l’autoroute, ton cerveau c’est pareil, il veut l’efficacité, c’est plus rapide et plus facile par l’autoroute mais ça ne veut pas dire que la petite route ne t’emmènera pas à bon port, ça demandera juste plus d’efforts !


Si tu décides de prendre tous les jours la petite route, petit à petit le chemin va mieux se dessiner et puis l’équipe d’entretien des routes va commencer à s’y intéresser car elle suscite du passage et délaisser l’autoroute sur laquelle plus personne ne passe…


C’est le même principe avec tes pensées, plus tu penses aux choses, plus tu renforces les circuits neuronaux et plus tu vas y penser !


6- Prendre son temps


Alors vous vous doutez bien que ça demande du temps pour qu’une petite route toute pourrie devienne une belle autoroute mais c’est possible. Sauf que tant que l’on empruntera l’autoroute, on ne laissera pas une chance à cette nouvelle route de se développer !


C’est un travail sur le long terme de définir sa nouvelle identité et cela passe par de l’action en changeant ses habitudes (habitudes alimentaires dans la perte de poids) mais également en changeant les croyances que l’on a sur soi et pour cela il faut aller regarder du côté des pensées.


Ce que nous mangeons, notre façon de manger et pourquoi nous mangeons est la résultante d’une multitude de croyances et c’est cela qui vient définir (bien souvent inconsciemment) notre identité.


Si l’on veut perdre du poids, il va falloir définir une nouvelle identité et changer son comportement alimentaire mais surtout changer ses croyances et s’autoriser à être quelqu’un d’autre que ce que l’on a toujours voulu nous faire croire que nous étions !


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