• Hortense

Dépasser la peur du jugement des autres


Nous avons toutes peurs d’être jugés à priori. Je ne connais que très peu (voire pas) de personnes qui peuvent affirmer se fichent du regard des autres.


Le regard des autres est important évidemment, on ne peut pas vivre dans un monde anarchique où tout le monde se fiche de tout le monde et ne vit que pour lui, en ne pensant qu’à lui, mais lorsque cette peur d’être jugé par autrui nous empêche de nous réaliser pleinement et d’être la personne que nous souhaitons être, cela devient un frein à notre épanouissement et notre évolution !


Nous serons toujours jugés par les autres, toujours, toujours, toujours, alors plutôt que d’essayer de ne pas l’être (ce qui revient à se battre contre du vent) je vous propose de regarder comment s’en détacher et dépasser cette peur.



D’où vient la peur du jugement des autres



Nous avons 3 besoins fondamentaux principaux : l’amour, la sécurité et le sentiment d’appartenance.

A l’ époque où nous vivions nus dans les bois à cueillir des bais et chasser le mammouth, si nous voulions survivre il nous fallait une grotte (la sécurité), un groupe (le besoin d’appartenance) et l’amour (pour perpétuer la race humaine). C’est en satisfaisant ces besoins que nous avons pu survivre. Ils sont donc essentiels.



Du coup notre cerveau a été câblé pour assurer le maintien de ces trois besoins et donc notre cerveau reptilien (la partie la plus ancienne, archaïque de notre cerveau) est en permanence occupée à veiller à ce que nous ne perdions ni l’amour, ni l’appartenance au groupe ni la sécurité.


Or pour notre cerveau, l’inconnu, tout ce que l’on ne peut prédire ou pour lequel on ne peut anticiper l’issue, présente un danger ou un risque. Nous sommes « câblés » pour anticiper le pire.


Si nous rapportons cela à la peur du jugement des autres, nous ne pouvons pas savoir ce qu’il se passe dans la tête des autres, nous ne pouvons pas savoir comment untel va réagir à nos actions, du coup, notre cerveau imagine le pire (la perte de l’amour, de l’appartenance ou de la sécurité). Il a peur et donc il met en place des stratégies pour surtout éviter de déplaire et éviter d’attirer sur nous le jugement négatif des autres.


Sauf que le jugement des autres sera toujours présent, quoi que l’on fasse et que l’on ne peut pas savoir comment il faut se comporter pour que Pierre, Paul ou Jacques nous acceptent ou nous aiment. Nous ne faisons que supposer.


Nous ne pouvons pas lire dans la tête des autres et nous ne pourrons jamais savoir à 100% ce qu’il faut faire pour plaire à Pierre, Paul ou Jacques, même si nous vivons avec eux depuis plus de 20 ans ! Car nous avons tous une carte du monde unique !



La carte du monde



Chacun d’entre nous possède sa propre « carte du monde ». Notre carte du monde, c’est l’ensemble des croyances et des certitudes que nous avons construites au fil des années, depuis notre enfance. C’est notre perception du monde, de ce qui est juste et de ce qui ne l’est pas. Et comme notre histoire est unique, notre carte du monde est unique.


Si l’on part du principe que chacun a une carte du monde unique. Alors lorsque l’on pense faire quelque chose pour plaire aux autres et que cela marche, c’est un coup de chance.


Cela veut dire que dans cette situation particulière, notre carte du monde ressemble à celle de notre interlocuteur. A l’inverse si l’on essaie de faire quelque chose pour satisfaire quelqu’un et que cela ne fonctionne pas, on s’imagine que l’on est nulle, que l’on n’est pas aimable, alors qu’en fait, la personne a juste une carte du monde totalement différente de la nôtre sur ce point là et interprète donc notre geste selon son prisme à elle !




Exemple : Je vais au supermarché et j’ai pour habitude de faire du charme à la caissière car je me dis que c’est un bon moyen de l’avoir dans la poche le jour où je manquerai de monnaie ou bien le jour où je viendrai avec un bon de réduction périmé mais qu’elle le fera passer malgré tout… Dans ma carte du monde, si on me fait du charme et que l’on me flatte, c’est un bon moyen d’obtenir mes faveurs. J’applique donc la stratégie qui fonctionne sur moi sur la caissière.


Scénario 1 : la caissière possède une carte du monde proche de la mienne sur ce point là, je fais mouche, on devient copine et j’arrive à obtenir des petites ristournes. Je suis super heureuse, je me sens aimée, cool, sympa…


Scénario 2 : la caissière possède une carte du monde opposée à la mienne et pour elle, charme rime avec intéressement et elle se méfit tout particulièrement des gens trop gentils qui pourraient « abuser » d’elle. Je lui fais mon numéro, elle se renfrogne encore plus, ne me sourit pas et est désagréable. Je quitte le supermarché en colère, frustrée, nulle, je ne comprends pas, je me remets en question me demandant ce qui cloche chez moi.


Le scénario 1 n’est pas différent du 2, dans aucun de ces scénarios la caissière agit pour moi, elle agit selon sa carte du monde et son interprétation, cela n’a rien à voir avec un quelconque talent que j’aurais sauf que dans un cas je suis super heureuse et dans l’autre je suis en colère. Mais je suis restée la même, j’ai eu le même comportement, la caissière, dans sa réaction, ne parle pas de moi mais d’elle !


Ne serait-il pas grand temps d’agir en fonction de nous-même plutôt qui’en fonction des autres, en sachant que le résultat que l’on recherche, l’approbation des autres que l’on essaie de quémander n’est en rien en rapport avec nous mais en rapport avec leur vision des choses ?


Nous passons notre temps à essayer d’imaginer ce qu’il se passe dans la tête des autres pour agir en fonction. Nous imaginons ce qu’il se passe dans la tête des autres selon notre carte du monde et non la leur puisque nous n’y avons pas accès. C’est peine perdu car au delà du fait que l'on ne peut pas deviner cequ'il s'y passe, tout le monde peut mentir !



La seule vérité que l’on a est la nôtre



Bon soyons honnêtes avec nous-mêmes, est ce que l’on dit toujours la vérité ?


Combien de fois avons-nous répondu « oh oui, ta petite robe te va super bien » à notre amie qui a clairement passé du temps à se pomponner alors qu’en réalité nous ne sommes pas vraiment fan de ce genre de modèle ?


Vous croyez que de lui dire « franchement, t’as fait un effort, c’est top, mais ta robe n’est pas belle » c’est mieux ?


A mes yeux non, je ne veux pas vous inciter ici à mentir, mais nous n’avons pas le monopole de la beauté et donc dire d’une robe qu’elle est moche, d’abord c’est faux « on ne dit pas c’est moche on dit je ne trouve pas cela joli » (#mercimaman) et ensuite elle ne correspond pas aux critères de beauté de notre carte du monde mais correspond peut-être à ceux d’un million de personnes et nous allons tout simplement ruiner la soirée de notre pote en lui balançant notre prisme en pleine figure !


De la même manière, si quelqu’un nous dit que notre robe à nous est moche, ça n’est pas vrai ! Elle ne correspond pas à ses critères de beauté de robe dans sa carte du monde à elle, point final ! Pas de quoi aller se réfugier sur la canapé avec un pot de glace !


Ensuite, parfois, on dit à quelqu’un que sa robe est moche parce que justement on la trouve trop belle et que l’on est jalouse #chipie !


Donc en fait que l’on dise que la robe est moche ou belle n’est absolument pas la garantie que cela soit vrai. Nous sommes capables de ne plus porter une robe parce que quelqu’un nous a dit quelque chose qui d’une part appartenait à sa carte du monde à elle et d’autre part n’est peut-être pas vrai…


On peut se pourrir la vie rapidement à ce rythme là !


La seule vérité que l’on connaisse est la nôtre, les seules pensées que l’on peut lire sont les nôtres…

C’est un exercice exigent de réussir à dépasser cela mais je vous propose d'essayer. Arrêtez de demander à quelqu’un si votre robe est belle, demandez-vous à vous-même si cela vous plaît, la réponse est en vous.


Si l’on vous dit que votre robe n’est pas belle alors que vous n’avez rien demandé à personne, répondez juste « je ne t’avais pas demandé ton opinion mais merci de me partager que dans ta carte du monde à toi, cette robe n’est pas synonyme de beauté. C’est fou la diversité du monde car dans ma carte du monde à moi, cette robe est une bombe ! (et moi y compris ) »



L’effet miroir



Lorsque l’on critique ou que l’on juge quelqu’un, on parle de soi. Toujours et un point c’est tout ! On parle de quelque chose que l’on n’aime pas chez soi ou de quelque chose que l’on refoule ou que l’on aimerait faire mais que l’on n’ose pas faire.


Si je reprends l’exemple de la robe, quelqu’un pourra vous dire que votre robe est moche car en réalité elle n’ose pas porter ce genre de robe et cela la renvoie au fait que d’autres sont capables de le faire ? Ou bien, elle trouve que c’est une robe originale, qui sort de l’ordinaire et comme elle n’arrive pas à assumer son orginialité et s’habille de manière classique en permanence, cela la renvoie à son incapacité à s’habiller come elle veut…


Ce que l’on n’aime pas chez les autres, ce que l’on juge ou que l’on critique, en dit en réalité énormément sur nous-mêmes !


Donc quand on parle des autres, on parle de soi. C’est intéressant de regarder alors que plus on a peur du jugement des autres, plus cela signifie que nous jugeons, que cela soit les autres ou nous-mêmes.


Si l’on apprend à moins les juger, à respecter leur carte du monde et admettre qu’elle est juste différente de la nôtre, alors notre peur diminuera en même temps que le fait que l’on jugera moins l’autre !


De la même manière, si l’on arrête de se juger en permanence, on jugera beaucoup moins les autres et donc nous aurons moins peur !



Arrêter de se juger



Vous n’êtes pas parfaits et alors ????


Personne n’est parfait, même pas Ghandi ou Mère Térésa ! Alors acceptez vos faille et vos faiblesses et plutôt que d’essayer de les masquer ou de lutter contre, développer vos potentiels et vos talents.


C’est comme lorsque l’on fait un régime, si l’on se focalise en permanence sur ce que l’on n"a pas le droit de manger, on veut en manger et c’est extrêmement difficile de réussir à tenir. Si l’on se focalise sur ce que l’on peut manger, c’est tout de suite beaucoup plus agréable et moins difficile !


Focalisez-vous sur ce que vous aimez de vous-mêmes et développez le. Acceptez ce que vous n’aimez pas et n’en faites pas toute une montagne, nous avons tous nos défauts ! Travaillez dessus si vous le souhaitez mais ne luttez pas contre !


Arrêtons de nous mettre dans des situations que l’on ne peut pas gérer juste pour essayer tant bien que mal de lutter contre notre nature !


Exemple : je suis introvertie, j’ai découvert cela il y a peu de temps et ça a changé ma vie. Voyez-vous, avant, les vacances en famille et en groupe, c’était une catastrophe, il y avait toujours au milieu de la semaine un bon gros drame qui arrivait car j’étais à bout ! En tant qu’introvertie, j’ai besoin de retrouver mon énergie dans le calme et la solitude. Lorsque l’on passe des vacances en groupe ou en famille, si l'on ne choisit pas de s’isoler, on est jamais seule ! Je savais que les vacances en groupe étaient compliquées mais j’essayais chaque année de prouver que je pouvais être la fille méga cool H24, dans le groupe, sans péter un câble à un moment… Est-ce que cela a marché ? Non… Par contre, les dernières vacances en famille que j’ai passées, j’ai choisi d’accepter que c’était une de mes limites et j’ai pris une journée, loin du groupe, seule, pour me ressourcer. Résultat : les premières vacances sans qu’il n’y ait aucun drame !


J’ai arrêté de lutter contre moi-même, j’ai accepté ma limite et j’ai essayé de la gérer au mieux pour que les vacances se passent bien pour tout le monde et tant pis si je suis jugée le jour où je me suis isolée, ma carte du monde est juste différente de celle des autres !




La vie ne sera jamais que de la joie et du bonheur, la joie n’existerait pas sans la tristesse…


C’est important d’accepter que parfois c’est inconfortable, que parfois la vie n’est pas un rêve, que parfois nos limites resurgissent…


Mettre notre énergie à lutter contre la réalité ne nous aidera pas à cheminer. Acceptons que les autres nous jugerons toujours, acceptons que nous pouvons nous faire des films pas possibles à essayer d’interpréter un regard ou une parole, acceptons que les autres ont une vision de la vie différente de la nôtre… Acceptons que c’est là et que notre pouvoir réside dans notre capacité à moins nous juger et moins juger les autres, à choisir d’arrêter le film lorsqu’il commence et d’écrire un scénario plus réjouissant, à choisir que c’est ok de ne pas être d’accord et d’avoir une vision de la vie différente…


N’oublions pas que si l’on veut se libérer du regard des autres, c’est en utilisant notre énergie à transformer notre regard sur nous (article ici pour transformer son regard sur soi et sur sa vie par ici) que l’on y arrivera car nous pouvons passer notre vie à vouloir contrôler les pensées et les émotions des autres, nous n’y arriverons jamais, notre pouvoir se limite à nos pensées, nos actions, nos émotions, nos paroles. Il est limité à nous mais illimité en nous !


Pour développer ton pouvoir illimité, n'hésite pas à prendre contact avec moi, nous pourrons discuter lors d'un premier rendez-vous gratuit de ton besoin et de comment je peux peut-être y répondre !

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