• Hortense

Comment gérer ses émotions

Nous sommes tous sujets à des émotions, en permanence, puisque c’est le trajet logique de nos pensées.


Les circonstances de la vie et les évènements nous arrivent, nous avons une opinion dessus et des pensées se mettent en place, ces pensées déclenchent des émotions qui elles-mêmes déclenchent des actions/inactions, qui elles-mêmes déclenchent un résultat qui vient confirmer la pensée de départ.


Exemple :



Mon mari a terminé le PQ et a laissé le rouleau vide sur le portant (l’évènement).

Les pensées qui me viennent peuvent être « il ne me respecte pas », « c’est toujours moi qui fait tout à la maison », « je lui ai dit 100 fois, il ne m’écoute pas »…

Ces pensées vont déclencher une émotion de colère.


L’action qui s’en suivra sera que je vais aller l’engueuler et lui balancer tous les vieux dossiers et aussi la fois où il n’avait pas mis le lave-vaisselle, et cette fois où il a remis la bouteille de lait vide dans le frigo…




Le résultat, on va s’engueuler et ça va prendre des proportions pas possibles, il va me reprocher tout un tas de choses également, si on est en forme le mot divorce va être prononcé à un moment ou à un autre ou bien des menaces, au choix.

Cela va renforcer mon sentiment de ne pas être écoutée et de tout faire à la maison.


Je rappelle les faits ici : un rouleau de papier toilettes terminé resté sur un portant…


Je rappelle ici le résultat : des cris, des larmes, des mots blessants, l’évocation d’un divorce…


J’exagère à peine !

Vous vous êtes reconnus là-dedans ?


Bienvenue dans le monde réel 😂


Bon mais alors pourquoi tout cela ? Pourquoi cette colère ? En quoi peut-elle être bénéfique ? Comment réagir à la place ?





1. Qu’est ce qu’une émotion


Une émotion est une réaction du corps provoquée par un stimulus extérieur. Le stimulus entraine un déséquilibre à l’intérieur de notre corps et ce dernier déclenche tout un tas de réactions pour revenir à l’équilibre.


Une émotion a donc 3 phases :


  • Une phase de charge (l’arrivée d’un stimulus extérieur, dans mon exemple, la vision d’un rouleau de PQ terminé resté sur le portant)

  • Une phase de tension (le corps qui se met en branle pour mobiliser son énergie pour faire face à la situation)

  • Une phase de décharge (la réponse du corps, l’évacuation de l’émotion pour revenir à l’équilibre, dans mon exemple, aller crier sur mon mari, pleurer, déverser mon venin)


Tout cet enchaînement est très court et une émotions ne dure réellement que quelque minutes.



2. L’importance d’exprimer ses émotions



Notre corps a besoin de ces trois phases pour évacuer l’émotion et passer à autre chose. Mais bien souvent on ne laisse pas la dernière phase avoir lieu, la phase de décharge.


Nous avons appris dans un grand nombre de circonstances à masquer nos émotions car « cela ne se fait pas », « les garçons ne pleurent pas », « c’est vulgaire de se mettre en colère »…


Nous sommes parfois devenus maîtres dans l’art de ne pas montrer ce que l’on ressent et de remplir notre jolie cocotte-minute intérieure de tout un tas d’émotions qui explosent

souvent à un moment ou à un autre pour un pauvre rouleau de PQ terminé.


Dès le début, on dit aux enfants, « c’est rien, ne pleure pas », « arrête ton cinéma c’est juste une égratignure »… Nous avons été élevés avec cette idée d’être « fort », d’être « solide » et de ne pas se laisser atteindre.


Sauf que l’on voit ici qu’une émotion est une réaction physiologique du corps nécessaire pour qu’il revienne à un équilibre qu’il tente de maintenir chaque seconde de notre existence. Rien à voir avec de la force ou de la solidité !


Le risque donc, à ne pas exprimer ses émotions et laisser ce processus physiologique et naturel avoir lieu, c’est d’exploser à un moment ou à un autre, de transformer nos émotions en sentiments (honte, culpabilité, rancœur) et de vivre avec chroniquement des pensées et réactions désagréables.



3. La différence entre les émotions, les sensations et les sentiments



Les émotions, je vous l’ai dit, c’est une réaction physiologique du corps face à un stimulus extérieur.


Les sensations, c’est l’expérience vécue à travers nos sens (la peur peut nous amener une sensation de gorge serrée, de bouche sèche…)


Les sentiments sont une construction mentale à partir d’émotions refoulées (la peur qui devient de l’angoisse) ou bien une combinaison d’émotions (la colère et la tristesse qui donne de la rancœur).


Nous sommes pétris de sentiments à force de refouler nos émotions et nous ressassons les situations où nous n’avons pas évacué librement et complètement nos émotions.


Ressasser a pour effet de faire grandir le sentiment (par rapport à mon histoire de PQ, je ne dis rien, je le garde pour moi, je développe de la rancœur et du ressentiment, et régulièrement j’y repense et je renforce ce sentiment de rancœur et ces pensées associées « il s’en fout de moi », « il ne fait jamais attention », « je suis la seule à tout faire »…



4. Quelles sont les émotions principales



Je ne vous ai pas encore présenté nos 4 à 6 émotions principales. Nous pouvons voir parfois des gens parler même de 7 ou 8 émotions principales, je préfère en retenir 6 dont 4 qui mettent toujours tout le monde d’accord.


Il y a donc :


  • La peur

  • La colère

  • La tristesse

  • La joie

  • Le dégoût

  • La surprise



5. Le rôle des émotions



Nous pourrions nous demander à quoi servent les émotions si ce n’est nous enquiquiner.


Nos émotions, qu’on les aime ou pas, ont un rôle essentiel dans la construction de notre identité, dans notre protection face aux situations de la vie… C’est elles qui participent à nous maintenir en vie !


  • La peur a pour rôle de nous maintenir en sécurité en nous avertissant d’un danger ou d’un risque

  • La colère a pour rôle de nous avertir lorsque quelqu’un a franchi nos limites, transgressé nos règles, attaqué notre carte du monde (notre carte du monde c’est notre façon unique à chacun de voir le monde et les règles et limites que l’on se fixe). C’est une émotion essentielle dans la construction de notre identité car elle nous permet de déterminer nos limites et d’assurer notre intégrité (dans mon exemple, dans ma carte du monde, laisser un rouleau de PQ vide sur un portant est un manque de respect, j’ai entendu ma mère répéter cela toute mon enfance, j’ai construit moi-même cette croyance, du coup mon mari a franchi une limite et m’a manqué de respect, selon ma carte du monde à moi, dans la sienne c’est probablement très différent et ce geste n’a pas du tout la même signification)



  • La tristesse a pour rôle de nous faire passer au-delà d’une perte physique ou mentale. Nous ressentons de la tristesse suite à la perte de quelque chose et elle permet, une fois évacuée de laisser de la place à du neuf et du renouveau

  • La joie a pour rôle de nous indiquer que nous sommes au bon endroit, au bon moment et permet de nous redonner de l’énergie

  • Le dégoût a pour rôle de nous alerter d’un danger face à quelque chose qui peut-être toxique pour notre organisme. A l’époque où nous vivions nus dans les bois, cette émotion était utile pour ne pas que nous nous jetions sur tous les champignons par exemple mais aujourd’hui elle n’a plus tout à fait cette fonction puisque nous sommes rarement confrontés à quelque chose de toxique et nous avons donc perdu notre capacité à être dégoûtés et alertés face à quelque chose de toxique.

  • La surprise est une émotion neutre. Elle précède toujours une autre émotion , c’est une sorte de transition entre le stimulus et l’émotion elle-même (ex : je suis surprise car je rentre chez moi et que la lumière s’allume et tous mes amis sont réunis pour mon anniversaire, je ressens ensuite de la joie)



6. Le déclencheur n’est pas la cause



Il est important ici, pour être capable de retrouver notre responsabilité émotionnelle, de noter qu’il y a une différence fondamentale entre le déclencheur de l’émotion et la cause de l’émotion.


Nous pouvons dire que le déclencheur de l’émotion c’est l’évènement, le stimulus extérieur et la cause c’est la pensée que nous associons à ce stimulus.


Dans mon exemple, le déclencheur c’est le rouleau de papier toilettes terminé et la cause ce sont mes pensées « il ne me respecte pas », « je suis la seule à tout faire »…


C’est très important car mon mari qui serait dans la même situation que moi, face au rouleau de papier toilettes terminé n’aurait peut-être aucune pensée à part « tiens le rouleau de PQ est terminé, je vais en mettre un autre », pas d’émotion particulière pourtant il est dans la même situation que moi.


Nous voyons bien ici que nous sommes maîtres de nos émotions car si d’autres peuvent se sentir neutre ou en paix face à un stimulus, nous pouvons aussi accéder à ce genre d’émotion ou de non émotion en y travaillant un peu !



7. Exercice pour reprendre sa responsabilité émotionnelle



Je vais vous proposer un exercice ici d’écriture avec une liste de questions auxquelles répondre pour apprendre petit à petit à choisir vos émotions.


Cet exercice est utile une fois que vous avez exprimé votre émotion, ne la refoulez pas en passant l’éponge et gardant le silence, criez, pleurez, tapez, sautez si vous en avez besoin mais avant d’aller déverser tout cela contre votre mari, faites-le dans la plus stricte intimité, répondez ensuite aux questions que je vous propose et après, choisissez ce que vous faites !


Voici les questions que je vous propose de noter et d’avoir dans un carnet pour faire face à n’importe quelle émotion qui vous submergerait :


  • Comment est-ce que je me sens physiquement là maintenant (décrire les sensations physiques) ?

  • Quelle émotion suis-je en train de ressentir parmi les 6 émotions principales ?

  • Quel est le déclencheur de mon émotion ?

  • Quelle est la cause de mon émotion ? Quelles sont les pensées que j’ai face à cette situation ?

  • Comment est-ce que j’aimerais me sentir à la place ?

  • Quelles pensées je peux choisir pour me sentir ainsi ?

  • Faire une liste des plus et des moins à conserver mes pensées de base et faire ensuite une liste de plus et de moins à adopter les nouvelles pensées


Si vous répondez à toutes ces questions en prenant vraiment le temps d’y penser et d’écrire vos réponses et une fois que vous avez exprimé avec votre corps l’émotion qui vous a traversé. Je vous assure que vous allez vous sentir mieux physiquement, fiers de vous, apaisés, puissants car aux commandes, en paix.



Je réponds ici aux questions par rapport à mon exemple de papier toilettes pour vous aider :


  • Je me sens tendue, ma gorge est serrée, mon cœur s’accélère, j’ai envie de pleurer, je deviens toute rouge

  • Je ressens de la colère

  • Le déclencheur c’est le rouleau de papier toilettes terminé qui est resté sur le portant

  • La cause de mon émotion sont mes pensées : « il ne me respecte pas », « c’est toujours moi qui fait tout à la maison », « je lui ai dit 100 fois, il ne m’écoute pas »…

  • J’aimerais être capable de lâcher prise et me sentir apaisée

  • Je peux choisir de penser qu’il n’a pas fait attention car il est toujours sur son téléphone aux toilettes, qu’il ne prête pas attention à ce genre de choses car il a l’esprit ailleurs, qu’il n’a pas fait exprès et a peut-être tout simplement oublié…

  • Le plus de rester avec ma colère : c’est d’aller l’engueuler et de lui faire ressentir ce que je ressens moi, ça me donne l’impression de me faire respecter et me donne l’illusion que du coup il va regretter, être désolé et reconnaître ses torts

  • Le moins de rester avec ma colère : Une dispute de plus, devoir ramer pour nous réconcilier, une journée où l’on se sent mal l’un comme l’autre, l’annulation de nos plans car on est fâché…

  • Le plus de choisir d'être apaisée : Je me sens mieux et ne gâche pas la journée, je peux aller lui parler calmement en lui expliquant que même si c’est sûrement rien pour lui c’est important pour moi et que j’aimerais qu’il y fasse attention la prochaine fois

  • le moins de choisir d'être apaisée : Il n’y en a pas sauf si je crois que c’est de la faiblesse que de choisir la paix (égo quand tu nous tiens) mais je crois en l’occurrence que de rester dans la colère c’est juste continuer à croire que cela changera quelque chose dans son comportement alors qu’en lui exprimant calmement mon besoin j’ai beaucoup plus de chance qu’il m’écoute !




L’exercice que je vous propose ici est très puissant et j’espère sincèrement qu’il vous aidera à mieux gérer vos émotions et à faire face de manière beaucoup plus apaisée à tous les petits ou grands tracas de la vie.


J’insiste encore sur le fait que nos émotions sont utiles et essentielles à notre développement et notre sécurité ! Qu’il faut les laisser s’exprimer pour ne pas les transformer en sentiments qui risquent de nous pourrir la vie par la suite et que nous pouvons choisir de nous sentir autrement en changeant nos pensées, avec du temps et de la pratique, c’est de plus en plus facile et la vie devient de plus en plus simple et facile.





Si vous voulez être accompagnés dans ce travail, je propose un programme de coaching en alignement corps, esprit et âme pour apprendre à vous remettre en priorité dans votre vie, prendre soin de votre corps, gérer vos pensées et vos émotions et vivre une vie choisie et épanouie. Si vous êtes intéressés, n'hésitez pas à me déposer une demande par ici

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